Une personnalité notoire s'était engagée fermement à ne jamais proférer le moindre mensonge. Il ne devait dire que la stricte vérité, en toute occasion. Son service divin et ses paroles étaient entièrement axés sur ce principe. Il fut un jour contraint de franchir la frontière, sans autre alternative possible, mais il ne possédait pas de passeport. Lorsque les douaniers l'interrogèrent, il leur répondit qu'il en était démuni, en vertu de sa stricte ligne de conduite, qui consistait à dire la vérité, coûte que coûte. Les garde-frontières l'incarcérèrent, ce qui l'obligea à délaisser beaucoup son étude et ses dévotions. Finalement, il dut mentir à de nombreuses reprises pour recouvrer sa liberté. A propos de ce récit, Rabbi Nathan disait qu'il lui était arrivé tout cela, car il ne savait pas se servir de la vérité, comme il se doit. Il lui aurait suffi d'acquiescer d'un simple mouvement de tête, et il aurait franchi la frontière sans encombres. L'adoption d'une ligne de conduite stricte en matière de vérité le conduisit au contraire à proférer de nombreux mensonges, et à négliger son service divin, le temps de recouvrer sa liberté.
Source :
1-684
Rabénou mit une fois à l'épreuve Rabbi Nathan, alors que celui-ci le connaissait à peine. Il lui fit une remarque désobligeante et chercha à l'humilier : 'voyez-vous ce jeune homme distingué : gendre du grand Rabbi David Tsvi, et fils de Rabbi Naftali Hertz !' Rabbi Nathan continua à manger, comme si de rien n'était. Rabénou renchérit : 'quand on fait honte à une personne, alors qu'elle est attablée, elle s'interrompt habituellement, alors que lui (c'est à dire Rabbi Nathan) poursuit son repas...' Finalement, Rabénou déclara à son hôte : 'puisqu'il en est ainsi, je t'ordonne à présent de ne plus manger !' Plus tard, Rabénou lui adressa des paroles de réconfort (cf Yémé Moharnat fin §3).
Source :
1-200
A l'occasion du mariage de Myriam, la fille de Rabénou avec le fils du Rav de Woltchisk, de nombreux Tsadikim et autres rabbins renommés firent le déplacement, en compagnie de leurs hassidim, et de leurs accompagnateurs. La veille de Shabbat, Rabénou demanda à Rabbi Nathan d'aller s'immerger dans un bain rituel, en l'honneur du Shabbat.
Toutefois, il devait faire attention à ne pas prendre les vêtements de quelqu'un d'autre, car il y avait grande foule.
Après avoir entendu les paroles de son maître, Rabbi Nathan se souvint qu'il s'était déjà trempé le matin. Il renonça donc à y aller une seconde fois, d'autant qu'il craignait de perdre ses propres vêtements, en s'y rendant. Le disciple fit part de ses réflexions au Tsadik qui lui dit :
« je souhaite vivement te voir aller au bain rituel, une seconde fois.
Fais attention à ce que tes vêtements ne te soient pas substitués ».