Rabbi Chimon l'un des élèves de Rabénou insistait auprès de son maître : il voulait lui arracher la promesse qu'il continuerait à être attaché à son service dans le monde futur, tout comme il se dévouait pour lui dans ce monde. Rabénou refusait systématiquement. Il arriva une fois que Rabbi Nahman et Rabbi Chimon furent du même voyage. Après avoir franchi une certaine montagne, ils se mirent à la dévaler à toute allure. Ils courraient un danger certain, du fait de la vitesse excessive de la carriole: cette dernière pouvait à tout moment se renverser. Quand Rabbi Chimon se rendit compte de la situation, il risqua sa vie pour sauver Rabénou : il sauta hors de la carriole et parvint à freiner sa course folle avec ses seules épaules' Ce qui permit à Rabénou d'échapper au pire. Après cet épisode, alors que Rabbi Chimon réitérait sa demande, Rabénou lui lança : « tu as vraiment bien agi ! Mais était-ce seulement pour ce motif '! » Une fois de plus, Rabénou ne lui fit aucune promesse. Finalement, la mère du Tsadik qui possédait l'inspiration divine, comme on le sait, parvint à convaincre son illustre fils : « fais-lui plaisir et accorde-lui ce qu'il souhaite. Il t'a tellement sollicité ! » Rabénou acquiesça donc à la requête de Rabbi Chimon, ce qui eut pour effet d'exciter la jalousie de Rabbi Nathan : ce que son ami avait mérité était vraiment très grand !
Rabbi Nahman, remarquant son changement d'humeur, le rassura :
« quant à toi, tu auras droit à une part meilleure que celle-là ! »
Source : Siarh Sarfei Kodech 2
1-296
Rabénou demeura un certain temps à Brody, après avoir perdu sa première femme. La veille de Chavouot de l'année 1807, ainsi que le rapporte Yémé Moharnat, Rabbi Nahman pénétra dans une maison dans laquelle se trouvaient une femme, et sa fille.
La mère était occupée à lui soumettre des propositions de mariage, mais la jeune femme les refusait systématiquement. Quand elle posa son regard sur Rabénou, elle déclara à sa mère : 'j'aimerais un homme comme celui-là !' L'arrangement fut conclu.
Rabénou passa de pièce en pièce et finit par rencontrer le père de famille, de situation aisée. Il engagea la conversation et lui fit part de son souhait de se marier avec sa fille.
Le futur beau-père entama alors une discussion touchant au montant de la dot, car il pressentait que Rabénou venait d'une famille riche. Ils se mirent ensuite d'accord sur le lieu de la cérémonie, repoussant Brody et Breslev, pour le village de Wochek, situé à proximité de Breslev. Par la suite, le père de la future mariée regretta d'avoir choisi cet endroit.
Revenant sur sa décision, il souhaita que le mariage ait plutôt lieu à Brody, car les frontières ayant été bouclées entre temps, il devenait plus difficile de se rendre à Wochek.
Cependant, Rabénou demeura inflexible, comme il l'écrit dans l'une de ses lettres (lettre n°2).
Source : Siarh Sarfei Kodech 2
1-750
Un opposant au mouvement breslev désira s'installer définitivement à Ouman, pensant qu'il viendrait à bout de toute cette bande de hassidim...
Rabbi Nathan et Rabbi Naftali se rendirent chez Hirch Ber, afin de mettre tout en oeuvre pour contrer les plans de cet individu. Lorsque Hirch Ber les aperçut, il rentra dans sa chambre et y resta un long moment. Les visiteurs ne pouvant attendre davantage, ils décidèrent de partir. Sur le chemin du retour, Rabbi Naftali, résigné, livra son point de vue à son compagnon : 'd'après moi, nos adversaires l'ont déjà corrompu...' Rabbi Nathan lui répondit : 'je ne partage pas ton avis. Lorsqu'il nous a vus, il a émis le désir de se reposer un peu, avant de pouvoir nous rencontrer'. Ils retournèrent chez eux.
Un peu plus tard, Rabbi Nahman de Toulchin aperçut Hirch Ber, marchant d'un pas pressé, en direction de la maison de Rabbi Nathan. Il le fit savoir à son maître. Rabbi Nathan demanda à son élève de bien vouloir quitter les lieux, au moment où il s'entretiendrait avec Hirch Ber. Mais le disciple ne put retenir sa curiosité, et resta finalement à la maison. Il parvint à capter la teneur de la discussion entre les deux hommes. Hirch Ber était allé prendre un peu de repos quand il avait vu les deux hassidim, mais, au comble de la fatigue, il s'endormit. Il venait à présent lui présenter des excuses. Rabbi Nahman de Toulchin entendit aussi son maître s'entretenir avec Hirch Ber, à propos du sujet précédemment évoqué. Il lui répondit : 'il est vrai que les opposants à la hassidout breslev m'ont rendu visite, dans l'espoir de me corrompre, en influençant ma décision.
Cependant, aurais-je le coeur d'autoriser ou de permettre à ce que l'un de ses adversaires vienne s'installer dans la ville même de Rabénou ''