Du temps où Rabbi Nathan dut quitter Breslev pour Némirov pendant trois ans, aucun obstacle ne put venir à bout de son désir de passer la fête de Rosh Hashana à Ouman, en compagnie des hassidim. Cependant, ses adversaires qui étaient à ses trousses, le dénoncèrent et le livrèrent aux autorités. Des membres du service d'ordre furent dépêchés pour l'emmener à la maison d'arrêt. Cela se passa la veille du nouvel an juif, alors que Rabbi Nathan se recueillait sur la tombe de son maître. Les policiers refusèrent de lui rendre la liberté, jusqu'à ce que plusieurs personnalités d'Ouman s'en mêlent. Il y avait parmi eux des hassidé breslev, mais aussi d'autres sympathisants du mouvement, comme Rabbi Kalman. Ils se rendirent en délégation jusqu'au domicile du gouverneur, et lui promirent solennellement de leur livrer Rabbi Nathan, dès la sortie de la fête. Les autorités acceptèrent la proposition, et libérèrent leur prisonnier avant Rosh Hashana. Comme convenu, le maître se rendit à la police, après la fête.
Il fut conduit une nouvelle fois à Némirov, escorté par plusieurs gardes, chargés d'enrayer toute tentative d'évasion. Rabbi Nathan était affligé, à l'idée d'être traité comme un vulgaire prisonnier. Ses ennemis de la ville de Ladizine avaient élaboré un plan machiavélique. Lorsque Rabbi Nathan aurait à emprunter leur route, ils se jetteraient sur lui et le frapperaient, à D. ne plaise. Toutefois, la mise à exécution de leur funeste projet fut contrariée par la police qui escorta Rabbi Nathan. Celui-ci vit la main de D. dans toute cette affaire, car du Ciel, on avait décrété qu'il ne lui arriverait aucun mal. L'année suivante, les hassidé breslev obtinrent une autorisation spéciale, en faveur de Rabbi Nathan, afin qu'il puisse se rendre à Ouman, pour y passer la fête de Rosh Hashana.
Source :
1-127
Au cours d'un voyage qu'entreprit Rabénou aux abords du village de Résaché, un forgeron dont l'atelier se trouvait à l'extrémité du village, remarqua qu'une carriole descendait à toute vitesse, depuis le sommet de la montagne. Une de ses roues s'était brisée. Comprenant que les passagers (parmi lesquels se trouvait Rabénou) courraient un danger mortel, le forgeron, armé d'une grande force physique, entreprit une action au péril de sa vie. Il se plaça en contre bas, plaquant son épaule contre la carriole qui dévalait la pente et parvint à ralentir sa course, jusqu'à son arrêt complet. Lorsque Rabénou descendit et aperçut l'homme qui avait risqué sa vie pour lui, il le bénit en lui souhaitant de vivre longtemps. Ses paroles se réalisèrent. Il vécut plus de cent ans !
Ce forgeron était l'oncle du père de Rabbi Chabtaï Breslever.
Rabbi Chabtaï racontait toujours cette histoire en son nom.
Source : Siarh Sarfei Kodech 2
1-606
Quand Rabbi Nathan revint d'Ouman, où il avait passé Rosh Hashana, et rentra à Breslev, une ville de dimension plus modeste, il s'écria : un décret a été promulgué dans le ciel contre les habitants de Breslev. Une quarantaine de personnes devront la quitter (définitivement) mais j'ignore tout de leur identité'. L'effroi s'empara de l'assistance.