Rabbi Yehiel Tsvi, le frère de Rabénou, portait le même prénom que son grand-père maternel. Ce dernier était le mari d'Odèle, la fille du Baal Chem Tov, et on le surnommait 'Deutchel'-l'Allemand- car il était originaire de ce pays. Rabbi Nahman avait un autre frère, Rabbi Israël. Son visage exprimait la pâleur d'un mort, à tel point qu'on le surnommait Rabbi Israël 'le mort'.
Quand celui-ci était encore un tout jeune enfant, il souffrit d'une très grave maladie, qui le conduisit à deux doigts de la mort. Feïga sa mère le prit alors dans ses bras, et courut sur la tombe du Baal Chem Tov. Elle se mit à pleurer à chaudes larmes, déversant sa peine, en faisant entendre ses gémissements.
Puis elle abandonna le nourrisson sur la pierre tombale et s'en alla. Quand elle revint, elle le trouva en parfaite santé :
il pleurait, pendant qu'il cherchait sa mère du regard. Par la suite, Feïga aperçut le Baal Chem Tov en rêve.
Il lui déclara : 'si tu étais venue me voir sans crier, je lui aurais donné une belle âme. Tes gémissements bruyants m'ont conduit à ne pas faire suffisamment attention à l'âme que je lui ai attribuée. En conséquence, ton fils porte celle d'un mort'. On admet généralement que Rabbi Israël était l'aîné. C'est pour cela qu'il portait le prénom d'Israël, tout comme le Becht.
Quant à Rabénou, il reçut le prénom de son grand-père, le saint Rabbi Nahman Horodenker, de mémoire bénie.
Source : Siarh Sarfei Kodech 2
1-188
Rabénou, Rabbi Nathan et Rabbi Naftali voyageaient ensemble. En cours de route, ils décidèrent de faire une halte, et choisirent de se reposer dans la maison de l'un des disciples. Dès que ce dernier les vit, il leur prépara un repas à base de lait et de fromage. La nourriture et les boissons étaient à consommer à l'extérieur, comme pour les hôtes de passage en villégiature. Rabénou toussait déjà beaucoup à l'époque. Il refusa donc de manger le fromage, qui risquait d'accentuer ses quintes. Rabbi Naftali toussait lui aussi et décida d'imiter Rabénou. Rabbi Nathan récita la bénédiction d'usage et mangea du fromage. Il encouragea son ami Rabbi Naftali à en prendre un morceau, mais ce dernier lui répondit : « tu me demandes de manger ' Si Rabénou me le dit, alors oui, je mangerai ! » Quand Rabénou entendit cette réponse, il lui intima l'ordre de goûter au fromage. Rabbi Naftali en mangea, puis il se mit à tousser. Rabénou secoua la tête et déclara : « avez-vous remarqué comme sa toux est complètement différente ' J'ai cru qu'il quitterait ce monde sous mes yeux mais à présent, je prévois qu'il aura une longue vie' » Les paroles de Rabénou se réalisèrent.
Source : Siarh Sarfei Kodech 2
1-664
Rabbi Akiva Velwell se rapprocha de la voie enseignée par Rabénou, grâce aux paroles pleines d'enthousiasme de Rabbi Nathan que celui-ci prononça une veille de Yom Kipour. Le maître commentait un passage figurant dans la liturgie de ce jour solennel, au sujet du service exécuté par le grand-prêtre.
'Il retirait les vêtements d'or et se revêtait de vêtements blancs, car le service de ce jour se faisait en vêtements blancs'. Rabbi Nathan expliqua alors que le grand-prêtre devait pénétrer dans le Saint des saints, ce qui fait allusion au départ de l'homme, de ce monde. On lui retire tous les vêtements d'or, y compris le pectoral serti de pierres précieuses, car aucune de ces choses n'accompagne l'homme dans l'au-delà. Il ne lui reste que des vêtements blancs, qui font allusion aux bonnes actions qu'il a accomplies ici-bas. Ces propos touchèrent profondément le coeur de Rabbi Akiva Velwell, qui se rapprocha désormais de Rabbi Nathan.