Les élèves du Tsadik Rabbi Moshé Leib de Sassov lui demandèrent une fois la raison pour laquelle il avait perdu la vue dans sa vieillesse. Il leur répondit : 'pour chaque tâche entreprise dévolue à la préparation du Shabbat, mon épouse avait l'habitude de dire 'c'est en l'honneur du Shabbat', qu'il s'agisse du pétrissage de la pâte, de la confection d'autres aliments, ou d'autres nécessités liées au Shabbat. De chacune de ses paroles fut crée un ange, ce qui eut pour conséquence de saturer la maison en envoyés célestes, à un point tel qu'ils me rendirent aveugle'.
Quand on rapporta ce récit à Rabbi Nathan, il s'exclama : 'c'est la pure vérité ! C'est parfaitement exact !'
Source :
1-334
Rabbi Hirch, le fils du Becht, était de situation aisée, car il faisait le commerce des bestiaux. Cependant, sa soeur Odèle était plus riche que lui, et c'est à elle que le Becht confia ses écrits avant sa disparition.
Source : Siarh Sarfei Kodech 2
1-305
Selon le Becht, il suffit que le couteau de l'abatteur rituel soit sans aspérités, sans toutefois exiger qu'il soit en plus tranchant. Après son décès, le Maguid se conforma à l'opinion la plus stricte, c'est à dire celle qui imposait les deux conditions. Cette décision contraria l'auteur du Toldot Yaakov Yossef. Il quitta sa ville, Pollonoye, pour se rendre à Mézéritch, où se trouvait le Maguid. Il arriva à destination la veille de Shabbat.
Dès que le Maguid sortit à sa rencontre pour l'accueillir, l'auteur du Toldot lui demanda la raison pour laquelle il n'adoptait plus le point de vue de leur maître commun, en matière d'abattage rituel. Le Maguid lui répondit : 'à l'époque du Becht, une seule condition suffisait : celle d'avoir un couteau parfaitement lisse. De nos jours, il faut aussi tenir compte du tranchant'.
Quand son interlocuteur entendit cette réponse claire et précise, il n'ajouta pas le moindre mot. Il souhaitait reprendre la route immédiatement, pour être chez lui avant le Shabbat. Devinant ses intentions, le Maguid le pressa beaucoup de rester passer le Shabbat en sa compagnie, ce qu'il fit.
Le vendredi soir, l'auteur du Toldot dépêcha son serviteur, afin qu'il lui rapporte les faits et gestes du Maguid, à table. Il revint lui annoncer qu'il dispensait un enseignement, avec un enthousiasme enflammé. Il se leva aussitôt, et se rendit dans la pièce où il prenait son repas. Alors qu'il s'approchait de la maison d'étude, le Maguid s'interrompit. Le lendemain, lors du déjeuner, la même scène se répéta. Au cours du troisième repas, Rabbi Yaakov Yossef se rendit de lui-même dans la salle où se trouvait le Maguid, et supplia celui-ci de bien vouloir lui révéler un enseignement, mais il s'y refusa catégoriquement.
L'auteur du Toldot le quitta sur ces mots : 'c'est qu'un juif doit faire preuve d'une volonté à toute épreuve...' Le Maguid lui répliqua :
'si vous savez cela, alors je n'ai aucun enseignement à vous communiquer'.