Plusieurs personnes proches de Rabénou vinrent une fois lui rendre visite, en se plaignant des mauvais traitements que le rav de leur ville, près de Medvedevka, leur faisait subir. Ils ne voulaient plus revenir chez eux ! Rabénou garda le silence. Toutefois, lorsqu'ils vinrent le voir une seconde fois et lui affirmèrent qu'en aucune manière ils ne se sentaient le courage de rentrer en raison des nombreuses souffrances que ce rav leur affligeait, Rabénou prit la parole et dit : « retournez chez vous et dites au rav que je lui ordonne de faire cesser ses calomnies et de mettre fin aux actes de provocation. S'il refuse, il mourra. Je prévois qu'il ne vous écoutera pas - il mourra donc. Par conséquent, je te somme, puisque tu es chef de communauté, (l'un de ceux qui étaient venus voir Rabénou occupait effectivement cette fonction) de prévenir les membres de la hevra kadisha qui devront veiller à ce qu'il soit enterré dans le « Park » -c'est-à-dire en dehors du cimetière, à l'endroit où sont inhumés les fauteurs ». Les disciples de Rabénou retournèrent donc chez eux et rapportèrent au rav ses paroles, mais dans son orgueil, il continua à les harceler et il mourut, comme l'avait annoncé Rabénou. Lorsque les villageois voulurent l'enterrer, ils se rendirent chez le chef de la communauté, afin d'obtenir son consentement, comme il était coutume de le faire alors. Le notable somma de l'enterrer à l'extérieur du cimetière, selon l'ordre qu'il avait reçu de Rabénou. Cette décision provoqua un immense scandale, certains étant même prêts à porter atteinte à sa vie. La foule se rendit alors chez le gouverneur de la ville, afin d'en débattre avec lui. Cependant, voici la réponse qu'ils reçurent de sa part : « vous avez vous-même choisi votre chef de communauté. Une fois élu, vous devez strictement obéir à chacune de ses recommandations ». Lorsque les enfants du défunt se rendirent pleinement compte de la situation, ils s'en allèrent voir leur président et se jetèrent à ses pieds, dans les larmes et les implorations, le suppliant d'avoir pitié d'eux, afin de ne pas attenter à l'honneur de leur père. Qu'il leur accorde l'autorisation de l'inhumer à l'intérieur du cimetière, comme n'importe quel juif respectable ! Le chef de communauté, pris de compassion, céda finalement à leurs plaintes. Par la suite, il se rendit chez Rabénou mais celui-ci se déroba à sa vue, car il n'avait pas suivi ses directives, en se montrant incapable de résister à leurs implorations, car il ne se sentait pas la force de faire montre d'autant de cruauté. Rabénou lui dit : « tu fais preuve de pitié - et moi pas ' Des personnes décédées depuis des centaines d'années sont venues se plaindre auprès de moi. Elles n'avaient encore jamais vu un être aussi abject que ce rav ». Rabénou lui en tint rigueur et il perdit dès lors la raison.
Source : Siarh Sarfei Kodech 2
1-254
Après la visite de Rabénou chez Rabbi Hirch Leib, ce dernier confia à ses proches : 'Rabbi Nahman est doté d'une telle sagesse, que même le verset 'il surpassa en sagesse tout homme' ne peut s'appliquer à lui'.
Source : Siarh Sarfei Kodech 2
1-184
Lorsque Rabbi Nahman de Toulchin était de passage à Lemberg, le rav de la ville lui rapporta une anecdote. A l'époque où Rabénou séjournait à Lemberg pour des motifs de santé, il se retenait de parler (en raison de la maladie dont il souffrait). Cependant, quand il se mettait à parler, il y avait toujours matière à discussion, en particulier quand il racontait les péripéties de son voyage en Terre sainte. Ces récits avaient de quoi impressionner. Une fois, lors du troisième repas de Shabbat, Rabénou annonça à son auditoire qu'il en raconterait un. Le fils du rav se rendit compte en plein milieu du récit que Rabénou était sur le point de rendre l'âme, tant sa ferveur et son attachement à D. étaient forts. Il s'en alla allumer une veilleuse, car Shabbat était déjà sorti. Il pria pour que Rabénou interrompe son histoire, afin qu'il ne courre pas un plus grand danger. Cette action eut pour conséquence de susciter un regain de vitalité chez le Tsadik, qui ne tarda pas à remercier celui qui avait été à l'origine de cette initiative.