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Extraits : Conversation avec les anges II
1-270
Rabénou a raconté une histoire, celle
du Kapétsin Paché, que ses disciples prirent l'habitude de répéter, à l'occasion de circoncisions.
Il était une fois un roi qui affectionnait particulièrement l'un de ses ministres, juif de surcroît. L'amitié qu'il lui vouait dépassait de loin celle qu'il pouvait éprouver, à l'égard des autres membres de la cour. Le roi l'honorait tant, qu'il finit par attiser la jalousie des autres ministres. L'un d'eux échafauda un plan, afin de se débarrasser de l'ami du roi. Plein de malice, il aborda le juif, et lui déclara : 'je reviens d'une entrevue avec le roi. Il m'a confié qu'il éprouve toujours beaucoup de plaisir à s'entretenir avec toi. Cependant, il m'a confié qu'il souffre depuis peu, lorsqu'il se trouve en ta compagnie, car une mauvaise odeur émane de ta bouche, et l'indispose considérablement. C'est pourquoi je te conseille de te prémunir d'un mouchoir parfumé, qui dégage une odeur agréable, lorsque tu devras, à l'avenir, te présenter devant lui, afin qu'il soit à l'aise, en ta présence...' De ce pas, le comploteur se rendit chez le monarque, à qui il déclara : 'je viens tout juste de converser avec votre ministre juif. Celui-ci m'a confié qu'il ressentait toujours une joie profonde à s'entretenir avec vous. Toutefois, je dois vous révéler que votre mauvaise haleine l'indispose beaucoup. Il a donc décidé de porter un mouchoir parfumé, lors de la prochaine entrevue. Il éprouvera ainsi moins de gêne, à votre contact'.Le roi entra soudain dans une violente colère, et lança au ministre :
'si ce que tu m'affirmes est véridique, je mettrai à mort ce juif !'
Le lendemain, le juif s'en alla voir le souverain, comme à l'accoutumée.
Quand celui-ci l'aperçut, il se rendit compte que son ministre disait vrai, car le juif tenait bel et bien dans sa main un mouchoir parfumé. Il lui remit une lettre scellée, avec pour mission de l'apporter dans un certain lieu.
La missive se réduisait en réalité à une page blanche, mais quiconque parvenait dans cet endroit retiré, était aussitôt exécuté. Le juif s'en alla, la lettre à la main, selon l'ordre du roi. En cours de route, il aperçut un autre juif qui courrait dans sa direction.
Celui-ci le pressa de bien vouloir procéder à la circoncision de son fils. Le ministre était très attentif à ce commandement.
Il ne voulait pas le retarder, même un court instant. Il se rendit donc chez le ministre perfide, afin de lui demander conseil. Il avait en sa possession une missive royale, mais il devait se hâter de circoncire le nouveau-né. Quel devait être l'ordre de priorité dans ce cas ' 'Donne-moi la lettre !' s'écria le ministre. Il ajouta : 'je l'y amènerai moi-même'. Il nourrissait un mauvais dessein, car il souhaitait accuser une nouvelle fois le juif, en dévoilant au monarque qu'il méprisait l'ordre royal, au profit d'une circoncision.
Le ministre prit donc la missive. Quand il fut arrivé à l'endroit en question, un bourreau se saisit de lui et l'exécuta sur le champ. Le lendemain, le juif retourna voir le roi, son mouchoir à la main, ce qui intrigua beaucoup le souverain. Ne l'avait-il pas envoyé à la mort, comment avait-il pu en échapper ' Le roi lui demanda ce qu'il avait fait de la lettre qu'il lui avait transmise la veille. Le juif se mit alors à lui raconter l'histoire. L'étonnement du monarque fut à son comble. Il lui restait à éclaircir un point : pourquoi le juif portait-il un mouchoir parfumé, quand il s'entretenait avec lui ' Son ami lui rapporta les paroles de l'autre ministre, à savoir que la mauvaise haleine du juif indisposait le roi. Ce dernier laissa échapper sa stupéfaction :
'je vois à présent que l'Eternel votre D. vous protège. Il règne sur le monde entier et il punit les méchants selon leurs actes pervers'.
Source : SIAH SARFE KODESH II
1-218
Peu de temps avant la disparition de Rabénou, sa seconde épouse se mit à pleurer à chaudes larmes. En l'entendant, le Tsadik déclara à ses disciples : 'pourquoi pleure-t-elle '
Serait-ce à cause de l'argent '! Elle trouvera dans l'armoire l'intégralité de la somme inscrite dans la Kétouba'.
On ouvrit l'armoire et on en sortit un sac rempli de pièces, contenant 300 rendels, une petite fortune. Les hassidé breslev disaient que leur maître avait pris soin de mettre de côté ces pièces en monnaie courante, suivant en cela l'avis de Rabbi Méir, tel qu'il figure dans la Guémara.
Source : SIAH SARFE KODESH II
1-202
A Chemini Atséret, Rabénou avait coutume de réserver une table pour des
propriétaires terriens. Ses disciples hassidim n'étaient pas conviés à s'asseoir parmi eux. Cet usage était déjà suivi par le Baal Chem Tov.
Après avoir disposé les couverts, alors que toute l'assemblée de fidèles était partie pour faire la prière d'Arvit de Simhat Torah, les propriétaires prirent Rabénou et, étendant un dais au-dessus de sa tête, l'amenèrent ainsi à la synagogue, à l'instar des grands rabbins.
Chants et danses l'accompagnèrent le long du chemin. Les hassidim se joignirent à la fête, dans une joie commune.