Rabénou a dit :
« les gens ont l`habitude de dire de façon ironique que
celui qui a déjà commencé à consommer du porc, eh bien qu`il en répande au moins sur sa barbe... ! Quant à moi, je dis au contraire qu`il n`en mette pas sur sa barbe... ! »
En d`autres termes, les gens considèrent que si un homme commet une mauvaise action, qu`il ne s`en cache pas de façon hypocrite,
mais qu`il dévoile à tous sa bassesse. Par contre, Rabbi Nahman adopte un avis opposé : que cette personne qui a succombé à la faute ait au moins honte de son acte, en ne l`étalant pas sur la place publique. Certains disent que cet enseignement signifie que tout effort, même limité, que l`homme déploie au moment de la faute pour éviter qu`elle ne s`aggrave, est considéré comme une bonne chose :
« et qu`il veille au moins à ce que la graisse de porc ne se répande pas sur sa barbe ».
Source : SIAH SARFE KODESH II
1-169
Dans la ville d'Ouman se trouvait une synagogue construite grâce à la contribution généreuse d'un certain « Rabbi Kalman », qui comptait parmi les plus grosses fortunes d'Ouman, à l'époque où Rabénou vivait encore.
Cette synagogue portait le nom de « Rabbi Kalman's Kloïz ».
Quand Rabbi Leib de Kostantina prit de l'âge, il fréquenta le Kloïz de Rabbi Kalman, n'ayant plus la force de se rendre jusqu'au Kloïz des disciples de Rabénou. De plus, la synagogue de Rabbi Kalman était bien chauffée, ce qui n'était pas du tout le cas de l'autre lieu de prières, où il y régnait un froid glacial.
Rabbi Leib y pratiquait donc ses dévotions : il se levait à minuit,etc.
Il extériorisait son service divin par des cris et des pleurs, ce qui attira l'attention du bedeau qui lui demanda :
« pourquoi pleurez-vous ' (il croyait que ses larmes étaient liées à un manque de subsistance). Je vais vous raconter une histoire de votre Rabbi qui fera sécher vos larmes définitivement ».
Il expliqua que son père faisait partie de la hevra kadisha à l'époque de la disparition de Rabénou. Lors de son décès, on se conduisit selon les règles usuelles relatives à la mort d'un être cher, sans n'y rien changer, et les membres de la hevra kadisha s'occupèrent de sa sainte dépouille
(cf Yémé Moharnat §66).
Ils chargèrent mon père de déposer votre Rabbi dans la tombe.
Il m'a raconté qu'au moment où il saisit le corps inerte alors qu'il allait toucher le sol, une intense lumière éblouit le fossoyeur un bref instant.
La sainte dépouille venait de lui être ravie. Il s'exclama : « j'ignore qui l'a posée sur le sol. Lorsque mon père me raconta ce récit, il m'ordonna de ne plus m'obstiner dans la querelle qui m'opposait aux hassidé breslev, en raison de ce qu'il avait vécu. Le bedeau conclut par ces mots :
« pourquoi donc pleurez-vous quand vous avez la chance d'avoir un tel Rabbi si saint et si redoutable ».
Source : SIAH SARFE KODESH II
1-250
Rabénou voyageait une fois en compagnie de Rabbi Nathan, quand ils furent surpris par plusieurs chiens qui se mirent à aboyer dans leur direction.
Rabénou s'adressa à eux : 'je le sais très bien, je sais pertinemment qui vous êtes... !' La meute s'enfuit. Bien plus tard, après la disparition de Rabbi Nahman, Rabbi Nathan se retrouva à emprunter le même chemin. A nouveau, des chiens vinrent l'assaillir, comme la première fois. Rabbi Nathan leur lança : 'je suis déjà venu ici avec Rabénou. Il vous a dit qu'il connaissait votre identité. Vous vous êtes alors enfuis. Eh bien moi, je vous déclare que j'ignore qui vous êtes...' Et les chiens disparurent. (D'après les hassidé breslev, Rabbi Nathan avait voulu montrer à ses compagnons de route que la simple annulation de son ego devant un Tsadik a le même pouvoir qu'une action à réaliser en toute connaissance de cause, ce qui correspond au niveau qu'ont atteint les Tsadikim.
Rabbi Nathan s'annula devant Rabénou, bien qu'il fut au courant de la souffrance des âmes enfermées dans ces animaux).