La veille de Rosh hodesh du mois de Shevat, (janvier-février) de l'année 1811, une soixantaine de hassidé breslev débarquèrent à Ouman, afin de prier sur la tombe de Rabénou. Ce rassemblement, initié par Rabbi Nathan, fut le premier après la disparition du Tsadik. Le groupe de fidèles passa le Shabbat sur place.
Quand vint le moment de s'asseoir à table le vendredi soir, personne ne savait qui allait oser entonner 'Azamer bishvahin'. Rabénou avait en effet l'habitude de le chanter, et ses disciples l'accompagnaient dans la mélodie.
Ils le soutenaient, en lui soufflant les mots, en particulier à la fin de sa vie, quand il devint très faible. Rabbi Nathan mit fin soudain aux hésitations qui s'éternisaient : 'le fleuve jaillissant, source de sagesse, chantait ainsi, lui qui n'a jamais goûté à la faute durant sa vie : Azamer bishvahin ! Et nous, nous l'accompagnions en faisant bam,bam,bam...' Rabbi Nathan était parvenu à rompre le silence, puis poursuivit le chant sur l'air de Rabénou.
Source : SIAH SARFE KODESH II - Rabbi Nathan
1-296
Rabénou demeura un certain temps à Brody, après avoir perdu sa première femme. La veille de Chavouot de l'année 1807, ainsi que le rapporte Yémé Moharnat, Rabbi Nahman pénétra dans une maison dans laquelle se trouvaient une femme, et sa fille.
La mère était occupée à lui soumettre des propositions de mariage, mais la jeune femme les refusait systématiquement. Quand elle posa son regard sur Rabénou, elle déclara à sa mère : 'j'aimerais un homme comme celui-là !' L'arrangement fut conclu.
Rabénou passa de pièce en pièce et finit par rencontrer le père de famille, de situation aisée. Il engagea la conversation et lui fit part de son souhait de se marier avec sa fille.
Le futur beau-père entama alors une discussion touchant au montant de la dot, car il pressentait que Rabénou venait d'une famille riche. Ils se mirent ensuite d'accord sur le lieu de la cérémonie, repoussant Brody et Breslev, pour le village de Wochek, situé à proximité de Breslev. Par la suite, le père de la future mariée regretta d'avoir choisi cet endroit.
Revenant sur sa décision, il souhaita que le mariage ait plutôt lieu à Brody, car les frontières ayant été bouclées entre temps, il devenait plus difficile de se rendre à Wochek.
Cependant, Rabénou demeura inflexible, comme il l'écrit dans l'une de ses lettres (lettre n°2).
Source : SIAH SARFE KODESH II
1-529
Une fois, les disciples du Becht allèrent consoler une personne en deuil. Cependant, ils se mirent entre temps à discuter de Torah, comme à leur habitude, à tel point qu'ils oublièrent le motif de leur venue. Les voilà en train de danser, échauffés par leurs propres paroles ! Assistant à ce spectacle, l'endeuillé en oublia jusqu'au deuil et entra dans la danse, lui aussi...
Cette anecdote fut rapportée à Rabbi Nathan, qui se contenta de dire :
'quand on parle de Rabénou, il est possible d'en arriver là'.