Les hassidé breslev devaient un soir sanctifier la nouvelle lune, mais celle-ci ne se laissait pas voir facilement.
Bien que Rabbi Nathan ait adopté un avis moins rigoureux, comme indiqué dans Hayé Moharan §483.
Rabbi Aharon, le rav de Breslev, ne se contenta pas de cette opinion et voulut l'apercevoir avec netteté. Pour cela, il attendit encore une journée. La nuit suivante, le ciel était dégagé et il put sans problème réciter la bénédiction appropriée.
Rabbi Aharon le fit remarquer à Rabbi Nathan : 'tu vois ! En attendant un jour de plus, j'ai pu sanctifier la lune comme il se doit !' Son interlocuteur lui répliqua : 'mais j'ai déjà récité aujourd'hui les prières qui suivent la bénédiction de la lune !' Il voulait lui faire comprendre que ses prières avaient plus de poids, parce qu'il avait sanctifié la lune la veille.
Source : SIAH SARFE KODESH II - Rabbi Nathan
1-147
Lorsque le rav Baal Tanya entreprit son voyage qui devait l'amener à rencontrer le saint Rabbi Baroukh de Medziboz, qui habitait alors à Toulchin, afin de mettre un terme au différend qui les opposait, le Baal Tanya traversa plusieurs villages dont Breslev, Haissin et Téplik.
Il s'arrêta aussi pour rencontrer Rabénou. A son arrivée, ce dernier se tourna vers Moshé Henkès qui était très riche, et lui dit :
« fais donc la charité à un authentique talmid hakham ! »
Moshé déposa un rendel en or sur la table. Rabénou le dévisagea avec stupéfaction : « c'est tout ce qu'on donne à un vrai talmid hakham ' »
Moshé donna encore un rendel, mais devant l'étonnement soutenu de Rabénou, il décida d'en offrit un autre. La même scène se répéta à plusieurs reprises, jusqu'à ce que la somme eut atteint dix rendels d'or.
Rabénou prit les pièce et les mit dans les mains du Baal Tanya.
Puis les gens de la ville raccompagnèrent le rav jusqu'à l'entrée de la ville. Rabénou prit place avec lui dans la carriole. En cours de route, le rav demanda à Rabénou « risque-t-on d'être espionné ' » Il craignait d'être surpris par des hommes du gouvernement qui étaient alors à ses trousses. Rabénou lui répondit en pesant ses mots :
« non ! Ils ne sont pas aussi sots ! » en lui faisant signifier que ses disciples ne manquaient pas à ce point d'intelligence, de plus ils se surveillaient mutuellement, il n'y avait donc rien à craindre.
Le Baal Tanya confia alors à Rabénou qu'il espérait non seulement gagner avec l'aide de D. le procès dans lequel il était impliqué à Saint Petersbourg, mais aussi restaurer la paix entre lui et l'oncle de Rabénou.
Son interlocuteur lui fit pour toute réponse :
« avec Peterboukh tu peux gagner (c'est-à-dire face au pouvoir en place qui siègeait à Saint Petersbourg, anciennement appelée Peterboukh), mais avec Peter Baroukh (c'est-à-dire mon oncle Rabbi Baroukh) tu n'y arriveras point ! » Ses paroles se réalisèrent : la controverse entre les deux rabbins devint même plus vive qu'auparavant.
Source : SIAH SARFE KODESH II
1-657
Au cours du dernier samedi soir qu'il passa dans ce monde, Rabbi Nathan pleura beaucoup pendant la havdala, comme rapporté dans la lettre qui narre le récit de sa disparition. Il répéta à plusieurs reprises les mots : 'voici le D. de mon salut en qui je place ma confiance - je ne craindrai rien...'.