A Medziboz habitait un vieillard, Rabbi Mikhsé, qui était le petit fils du Tsadik Rabbi Baroukh de Medziboz. L'un des disciples de Rabénou apprit qu'il était alité pour cause de maladie, seul et sans ressources.
L'élève se hâta donc de lui rendre visite. Il le trouva allongé sur un lit, perclu de douleurs. Il se mit aussitôt à chercher du bois pour réchauffer la maison et l'aida beaucoup. Rabbi Mikhsé fut touché par sa gentillesse et son dévouement.
-D'où viens-tu ' lui demanda le vieillard.
-De Toulchin, lui répondit le disciple.
-Toulchin n'est pas loin de Breslev.
-C'est exact. Je suis de surcroît un hassid breslev.
-Si tu es un hassid breslev, je vais te raconter une histoire qui m'est arrivée, et dont mes yeux furent témoins !
A l'époque où je n'étais qu'un petit garçon, je rendais visite à mon grand-père Rabbi Baroukh qui me témoignait beaucoup d'affection. Pendant que je m'asseyais sur ses genoux, ce qui arrivait d'ailleurs fréquemment, je voyais défiler sous mes yeux des Tsadikim et des personnalités de la génération qui se rassemblaient autour de mon grand-père. Je me souviens qu'une fois, ils en vinrent à parler de votre Rabbi. Je les ai vus alors esquisser un sourire. Mon grand-père Rabbi Baroukh ne bougea pas de sa place et resta silencieux. Quand ils le quittèrent, il se tourna vers moi et me fit cette confidence : « ils n'arrivent même pas à la cheville de Rabbi Nahman ». Je lui ai demandé la raison pour laquelle il s'était tu, sans les réprimander. Voici la réponse que me donna mon grand-père :
« Rabbi Nahman possède une âme qui est la cible permanente d'un antagonisme virulent. Si ce n'était le cas, elle ne pourrait pas demeurer plus longtemps dans ce monde. C'est pourquoi je suis resté silencieux ».
Source : SIAH SARFE KODESH II
1-534
On demanda une fois à Rabbi Nathan s'il appellerait son fils Nahman, en l'honneur de son maître, ou bien recevrait-il un autre nom, Aïzik, comme l'un des membres de sa famille ' Il répondit qu'il pouvait tout à fait prénommer son fils Aïzik, car Rabénou avait choisi de s'appeler de cette façon,
quand il était parti en Terre sainte, ainsi que le rapporte le livre Shivhé haRan.
Rabénou s'en était lui-même étonné :
'pourquoi me suis-je fait appeler Aïzik ... '' Il ne fournit pas de réponse.
Source : SIAH SARFE KODESH II - Rabbi Nathan
1-174
Rabbi Lipa se rapprocha de Rabénou en même temps que Rabbi Nathan.
Il y fut d'ailleurs pour beaucoup dans le rapprochement entre ce dernier et Rabénou. Il devait par la suite s'éloigner du maître.
Une fois, lors du troisième repas de Shabbat, un commerçant entra et appela Rabbi Lipa à l'extérieur.
Les étoiles marquant la fin de Shabbat étaient déjà visibles dehors.
Cet homme entama une conversation avec lui.
Cette interruption en plein milieu du repas, et qui plus est, alors que le Tsadik n'avait fini de dispenser sa leçon, constituait un grand affront. Rabénou mentionna un enseignement figurant dans le Tikouné Zohar, et rapporté dans la leçon 23 :
«elle [une force malfaisante] les séduit sous la forme de l'argent dans ce monde, rit avec ceux qu'elle prend dans ses filets, puis les tue'! » Cette parole s'accomplit pour le petit fils de Rabbi Lipa, Rabbi Moshé Welwel.
Alors qu'il voyageait une fois en compagnie de son cocher non juif, qui était à son service depuis des années, ce dernier sortit hors du chemin, pénétra dans une forêt dense et se jeta sur Rabbi Moshé, pour le tuer.
Celui-ci lui demanda une dernière faveur : celle de faire la prière de l'après midi, avant de quitter ce monde' Le non juif consentit à sa demande, et Rabbi Moshé se mit à prier en versant d'abondantes larmes, le c'ur brisé. Après avoir terminé, le cocher regretta d'avoir exprimé ouvertement ses intentions et lui demanda pardon. Quand ils retournèrent à la maison, Rabbi Welwel lui déclara : « je te suis reconnaissant d'avoir épargné ma vie, cependant, je ne te veux plus à mon service ! » Il le congédia. Par la suite, le cocher se vengea et finit par tuer Rabbi Moshé.
Ce qu'avait annoncé Rabbi Nahman se réalisa : « et à la fin, elle les tue' »