Une personnalité notoire s'était engagée fermement à ne jamais proférer le moindre mensonge. Il ne devait dire que la stricte vérité, en toute occasion. Son service divin et ses paroles étaient entièrement axés sur ce principe. Il fut un jour contraint de franchir la frontière, sans autre alternative possible, mais il ne possédait pas de passeport. Lorsque les douaniers l'interrogèrent, il leur répondit qu'il en était démuni, en vertu de sa stricte ligne de conduite, qui consistait à dire la vérité, coûte que coûte. Les garde-frontières l'incarcérèrent, ce qui l'obligea à délaisser beaucoup son étude et ses dévotions. Finalement, il dut mentir à de nombreuses reprises pour recouvrer sa liberté. A propos de ce récit, Rabbi Nathan disait qu'il lui était arrivé tout cela, car il ne savait pas se servir de la vérité, comme il se doit. Il lui aurait suffi d'acquiescer d'un simple mouvement de tête, et il aurait franchi la frontière sans encombres. L'adoption d'une ligne de conduite stricte en matière de vérité le conduisit au contraire à proférer de nombreux mensonges, et à négliger son service divin, le temps de recouvrer sa liberté.
Source :
1-588
Rabbi Hirch Leib, le rav de Breslev, qui était le fils de Rabbi Aharon et le père du rav de Tchérin, n'avait pas encore d'enfants durant les premières années de son mariage. Il confia à sa femme, qu'il était d'avis de se séparer d'elle, si dix années s'écoulaient sans pouvoir réaliser le commandement de la procréation, conformément à la loi juive. Son épouse se rendit chez Rabbi Nathan et lui rapporta les paroles de son mari. Elle lui demanda d'intervenir mais il resta silencieux. Quand le couple entama sa dixième année de vie commune, le rav rappela à sa femme que dans le cas où l'année en cours s'achevait sans naissance, il serait dans l'obligation de divorcer. La femme, en larmes, s'en retourna une nouvelle fois chez Rabbi Nathan et le supplia de lui donner une bénédiction pour avoir des enfants. Il la consola : 'ne t'inquiète pas, il ne divorcera pas !' Ses paroles se réalisèrent. Elle donna le jour au futur rav de Tchérin et eut par la suite un autre garçon : Rabbi Hayim, le rav de Breslev.
Source :
1-733
Rabbi Nahman de Toulchin a raconté qu'il avait pu voir le manuscrit de la prière basée sur la leçon 56 'pourquoi voiles-tu ta Face ''. La quasi totalité du texte avait été rendue illisible, en raison des larmes abondantes, versées par Rabbi Nathan. Son disciple put malgré tout identifier cette prière, grâce aux premiers mots qui constituaient le titre de la leçon, écrits de façon bien visible, en gros caractères.