Bien que Rabbi Nathan se soit montré sévère vis à vis de son fils Rabbi Chakhneh qui n'était pas suffisamment attentif aux enseignements de Rabénou, se contentant d'une approche superficielle, il lui témoignait des marques d'honneur et l'admirait beaucoup, comme on peut le lire en parcourant les lettres rassemblées dans l'ouvrage 'Alim litroufa'.
Source : SIAH SARFE KODESH II - Rabbi Nathan
1-110
Les gens ont l'habitude de laisser leurs bagages et de faire leur prière près d'eux. Cependant, durant leur prière, ils pensent continuellement à leurs biens car ils redoutent un vol ou une perte. Cette crainte est à l'origine de leur confusion dans la prière. C'est pourquoi
Rabénou enjoignit à ses disciples, qui avaient commis l'erreur de faire « la prière des dix-huit bénédictions à côté des bagages » de s'occuper de mettre leurs effets personnels dans un endroit sûr, afin de ne pas avoir à y penser durant la prière.
Source : SIAH SARFE KODESH II
1-164
Rabénou entreprit de nombreux jeûnes ainsi que toutes sortes de mortifications dans sa jeunesse. Il lui arriva de jeûner dix huit fois d'un Shabbat à l'autre en une seule année. Il ne consommait alors aucune nourriture ni solide, ni liquide à partir du troisième repas du Shabbat, jusqu'au repas du vendredi soir de la semaine suivante.
Rabbi Nahman ne laissait rien transparaître de son comportement.
Les membres de sa famille ne se doutaient de rien, y compris son épouse, mis à part son serviteur, à qui il fit promettre fermement de ne révéler sa conduite sous aucun prétexte.
Un soir, Rabbi Haïkel qui était à son service, entra dans la pièce où se trouvait Rabénou. Il était étendu là, extrêmement faible, et du sang coulait de son nez et de ses yeux. Il se trouvait alors au milieu de la semaine de jeune, n'ayant rien consommé depuis plusieurs jours consécutifs. Horrifié de le voir dans un tel état, Rabbi Haïkel s'efforça de le convaincre, le suppliant d'absorber quelque chose. Devant le refus catégorique de Rabénou, il finit par le menacer : « si vous persistez à ne rien prendre, je révélerai à tous ce que vous faites ». Rabénou, n'ayant plus le choix, accepta. Rabbi Haïkel courut aussitôt chez l'abatteur rituel, une poule à la main. Sur le chemin du retour, il entreprit lui-même de la déplumer, de la cuire et d'en faire un bouillon qu'il apporta au maître. Il le trouva étendu une jambe sur le sol, et l'autre sur le banc. Rabénou prit la parole : « Haïkel, chante-moi cette mélodie qui revigore ». Il s'agissait de l'air bien connu des hassidé breslev qui accompagne les mots « un avant goût du monde à venir », chanté le vendredi soir. Rabbi Haïkel qui possédait une voix agréable s'exécuta sur le champ. Il se mit à lui fredonner l'air. Quand il eut fini, Rabénou lui fit un signe de la main, pour lui faire comprendre qu'il désirait l'entendre une nouvelle fois. Cette scène se produisit à de nombreuses reprises.
Rabbi Haïkel resta ainsi toute la nuit à chanter cette mélodie.
Rabénou se tenait à ses côtés, et il n'avait encore rien goûté.
Quand l'aube parut, Rabénou repoussa le bouillon et poursuivit son jeune jusqu'au Shabbat désormais plus proche.