Alors que Rabénou était en déplacement, son cocher se mit en avant, vantant sa parfaite maîtrise de l'itinéraire. En effet, la route empruntée habituellement par le roi était impraticable, en raison de pluies abondantes, ainsi que de la fonte des neiges, qui l'avaient rendue boueuse.
Le cocher fit un détour, en allongeant le parcours, mais sa bonne connaissance des différentes chemins lui permit finalement de rejoindre la route principale qui, à ce niveau, était complètement sèche. Rabénou prit la parole : 'les jeunes et les mortifications constituent une voie classique mais somme toute ancienne, dans le service divin. La prière et le dialogue intime avec le Créateur, dans la solitude, s'inscrivent quant à eux sur une nouvelle route, mais qui rejoint cependant l'ancienne'.
Source : Siarh Sarfei Kodech 2
1-105
Parlant du grave défaut de l'orgueil, Rabénou disait :
« même un mort peut éprouver de l'orgueil en voyant la façon dont se déroulent ses derniers hommages ». En d'autres termes, bien qu'elle soit déjà morte, la personne décédée peut encore être la proie de pensées d'orgueil et de recherche d'honneur (cf Tossefot Sanh. 46,b qui débute par le mot 'enterrement').
Source : Siarh Sarfei Kodech 2
1-642
Un élève de Rabénou avait l'habitude de l'accompagner lors de déplacements dont le but était caché. Il s'appelait Rabbi Shmouel Shpilband, surnommé Rabbi Shmouel de Téplik. Il avait un fils, Rabbi Nahman, qui était commerçant et gagnait sa vie avec facilité. Il s'était fait tailler un beau manteau d'hiver, sur lequel il avait cousu une pièce de soie luxueuse, semblable à celle que portent les hauts dignitaires. Il se rendit ainsi vêtu, chez Rabbi Nathan, à l'occasion de Simhat Torah. Quand le maître l'aperçut, un tel accoutrement ne trouva guère grâce à ses yeux... Avec doigté, il lui déclara sur un ton neutre : 'Rabbi Nahman !! Ce beau manteau ne convient nullement à ta garde robe démodée. Il te faut donc la renouveler. Mais si tu agis de cette façon, tu devras aussi remplacer l'ensemble du mobilier de ta maison. En effet, comment comprendre que seule ta garde robe contienne de beaux vêtements , alors que tes meubles vieillis resteront tels quels...
Si tu décides de changer ces derniers, le nouveau mobilier ne trouvera guère sa place au sein de la vieille masure dans laquelle tu demeures. Comment concilier des meubles flambant neufs avec la vétusté de ton habitation '
Il te faudra donc déménager pour une maison plus spacieuse. Mais tu n'as pas tellement d'argent... Tu n'en as pas suffisamment pour couvrir les dépenses occasionnées par l'achat d'un tel manteau...' (cf Likouté Halachot, section Hoshen Mishpat, loi sur les biens immobiliers, halacha 3).