Rabénou a raconté une histoire, celle
du Kapétsin Paché, que ses disciples prirent l'habitude de répéter, à l'occasion de circoncisions.
Il était une fois un roi qui affectionnait particulièrement l'un de ses ministres, juif de surcroît. L'amitié qu'il lui vouait dépassait de loin celle qu'il pouvait éprouver, à l'égard des autres membres de la cour. Le roi l'honorait tant, qu'il finit par attiser la jalousie des autres ministres. L'un d'eux échafauda un plan, afin de se débarrasser de l'ami du roi. Plein de malice, il aborda le juif, et lui déclara : 'je reviens d'une entrevue avec le roi. Il m'a confié qu'il éprouve toujours beaucoup de plaisir à s'entretenir avec toi. Cependant, il m'a confié qu'il souffre depuis peu, lorsqu'il se trouve en ta compagnie, car une mauvaise odeur émane de ta bouche, et l'indispose considérablement. C'est pourquoi je te conseille de te prémunir d'un mouchoir parfumé, qui dégage une odeur agréable, lorsque tu devras, à l'avenir, te présenter devant lui, afin qu'il soit à l'aise, en ta présence...' De ce pas, le comploteur se rendit chez le monarque, à qui il déclara : 'je viens tout juste de converser avec votre ministre juif. Celui-ci m'a confié qu'il ressentait toujours une joie profonde à s'entretenir avec vous. Toutefois, je dois vous révéler que votre mauvaise haleine l'indispose beaucoup. Il a donc décidé de porter un mouchoir parfumé, lors de la prochaine entrevue. Il éprouvera ainsi moins de gêne, à votre contact'.Le roi entra soudain dans une violente colère, et lança au ministre :
'si ce que tu m'affirmes est véridique, je mettrai à mort ce juif !'
Le lendemain, le juif s'en alla voir le souverain, comme à l'accoutumée.
Quand celui-ci l'aperçut, il se rendit compte que son ministre disait vrai, car le juif tenait bel et bien dans sa main un mouchoir parfumé. Il lui remit une lettre scellée, avec pour mission de l'apporter dans un certain lieu.
La missive se réduisait en réalité à une page blanche, mais quiconque parvenait dans cet endroit retiré, était aussitôt exécuté. Le juif s'en alla, la lettre à la main, selon l'ordre du roi. En cours de route, il aperçut un autre juif qui courrait dans sa direction.
Celui-ci le pressa de bien vouloir procéder à la circoncision de son fils. Le ministre était très attentif à ce commandement.
Il ne voulait pas le retarder, même un court instant. Il se rendit donc chez le ministre perfide, afin de lui demander conseil. Il avait en sa possession une missive royale, mais il devait se hâter de circoncire le nouveau-né. Quel devait être l'ordre de priorité dans ce cas ' 'Donne-moi la lettre !' s'écria le ministre. Il ajouta : 'je l'y amènerai moi-même'. Il nourrissait un mauvais dessein, car il souhaitait accuser une nouvelle fois le juif, en dévoilant au monarque qu'il méprisait l'ordre royal, au profit d'une circoncision.
Le ministre prit donc la missive. Quand il fut arrivé à l'endroit en question, un bourreau se saisit de lui et l'exécuta sur le champ. Le lendemain, le juif retourna voir le roi, son mouchoir à la main, ce qui intrigua beaucoup le souverain. Ne l'avait-il pas envoyé à la mort, comment avait-il pu en échapper ' Le roi lui demanda ce qu'il avait fait de la lettre qu'il lui avait transmise la veille. Le juif se mit alors à lui raconter l'histoire. L'étonnement du monarque fut à son comble. Il lui restait à éclaircir un point : pourquoi le juif portait-il un mouchoir parfumé, quand il s'entretenait avec lui ' Son ami lui rapporta les paroles de l'autre ministre, à savoir que la mauvaise haleine du juif indisposait le roi. Ce dernier laissa échapper sa stupéfaction :
'je vois à présent que l'Eternel votre D. vous protège. Il règne sur le monde entier et il punit les méchants selon leurs actes pervers'.
Source : SIAH SARFE KODESH II
1-710
Rabbi Nathan montrait la plus grande prudence vis à vis des médicaments.
Il ne voulait même pas avoir recours aux remèdes miraculeux mentionnés dans le livre du Aleph Beith.
Source : SIAH SARFE KODESH II - Rabbi Nathan
1-750
Un opposant au mouvement breslev désira s'installer définitivement à Ouman, pensant qu'il viendrait à bout de toute cette bande de hassidim...
Rabbi Nathan et Rabbi Naftali se rendirent chez Hirch Ber, afin de mettre tout en oeuvre pour contrer les plans de cet individu. Lorsque Hirch Ber les aperçut, il rentra dans sa chambre et y resta un long moment. Les visiteurs ne pouvant attendre davantage, ils décidèrent de partir. Sur le chemin du retour, Rabbi Naftali, résigné, livra son point de vue à son compagnon : 'd'après moi, nos adversaires l'ont déjà corrompu...' Rabbi Nathan lui répondit : 'je ne partage pas ton avis. Lorsqu'il nous a vus, il a émis le désir de se reposer un peu, avant de pouvoir nous rencontrer'. Ils retournèrent chez eux.
Un peu plus tard, Rabbi Nahman de Toulchin aperçut Hirch Ber, marchant d'un pas pressé, en direction de la maison de Rabbi Nathan. Il le fit savoir à son maître. Rabbi Nathan demanda à son élève de bien vouloir quitter les lieux, au moment où il s'entretiendrait avec Hirch Ber. Mais le disciple ne put retenir sa curiosité, et resta finalement à la maison. Il parvint à capter la teneur de la discussion entre les deux hommes. Hirch Ber était allé prendre un peu de repos quand il avait vu les deux hassidim, mais, au comble de la fatigue, il s'endormit. Il venait à présent lui présenter des excuses. Rabbi Nahman de Toulchin entendit aussi son maître s'entretenir avec Hirch Ber, à propos du sujet précédemment évoqué. Il lui répondit : 'il est vrai que les opposants à la hassidout breslev m'ont rendu visite, dans l'espoir de me corrompre, en influençant ma décision.
Cependant, aurais-je le coeur d'autoriser ou de permettre à ce que l'un de ses adversaires vienne s'installer dans la ville même de Rabénou ''