C'est en 1835 qu'éclata le grand conflit dirigé contre les hassidé breslev. Rabbi Youdel alla se prosterner sur la tombe de Rabénou, accompagné de neuf autres personnes. Ils jetèrent l'anathème sur les opposants de Rabbi Nathan qui lui rendaient la vie amère, de façon difficilement supportable, et ce, afin de le préserver. Une fois qu'il eut quitté le lieu où repose le Tsadik, Rabbi Youdel cita un enseignement rapporté dans la Guémara (Sota 20,a) :
'certains mérites peuvent valoir un an de sursis, d'autres deux ou même trois'. Mais pas plus de trois ans !
Effectivement, l'opposition perdura jusqu'en 1838. Cette année-là, le principal adversaire du mouvement hassidique disparut, ainsi que Rabbi Youdel. Quand Rabbi Nathan apprit par la suite ce que celui-ci avait entrepris, il déclara que telle n'était pas la façon d'agir de Rabénou.
Source :
1-271
Rabénou raconta une parabole qui illustre le fait que l'on doit servir D. avec un dévouement entier, même si l'on court le risque d'être pris pour un insensé. Commentant le verset (Is.59,15) : 'celui qui se sépare du mal est insensé', nos sages, de mémoire bénie, l'ont expliqué de la façon suivante : 'celui qui veut s'éloigner du mal est pris pour un fou'.
Il était une fois un roi qui avait fait un rêve. L'ensemble de la production agricole avait été touchée par une étrange maladie. Quiconque en consommait perdrait la raison, à D. ne plaise. Le souverain prit conseil auprès du premier ministre. Celui-ci lui déclara qu'ils n'avaient pas d'autre choix que celui d'ingérer cette nourriture empoisonnée. En effet, constituer des stocks de denrées saines pour le peuple entier n'était guère possible. En outre, s'ils parvenaient à mettre de côté des aliments non contaminés, pour leur usage personnel,
le souverain et son conseiller seraient pris pour des personnes ayant perdu la raison, car leur comportement jugé 'excentrique' par la plupart des gens trancherait avec celui des autres sujets.
Le second du roi conclut donc :
'consommons donc cette nourriture, mais veillons à signaler notre folie par une marque, afin que nous ayons au moins conscience que nous sommes fous !' Le monarque fut en total désaccord avec ce plan. Il rétorqua à son interlocuteur : 'si tous mes sujets sont frappés de folie, est-ce une raison pour que nous le devenions aussi ' Accomplir un acte aussi insensé en consommant une nourriture empoisonnée ' Il n'en est pas question ! Nous stockerons les denrées encore saines, et nous nous en alimenterons. Si nous paraissons fous aux yeux d'autrui, qu'est-ce que cela peut bien faire '
Devrions-nous nous intoxiquer, pour le seul motif de se fondre dans la masse '' Il en est de même pour le service divin. Si les gens se comportent mal et courent après les honneurs et l'argent, sans prendre conscience du temps qui passe, inutilement gaspillé, sommes-nous contraints de les imiter ' Bien au contraire. Entassons nos réserves de denrées saines constituées par notre étude de la Torah et nos prières, afin que nous ayons la force de résister, face à leurs comportements insensés.
Source : Siarh Sarfei Kodech 2
1-646
Paroles de Rabbi Nathan :
'à mes côtés, on trouve des serviteurs de D. qui n'ont pas leur équivalent même du temps de Rabénou'. Il possédait en effet des disciples qui passaient des nuits entières, en dehors de la ville, à implorer le Créateur, dans leurs prières, à l'instar de bêtes sauvages qui hurlent dans l'obscurité de la nuit... Ils réalisaient ainsi le souhait de Rabénou, qui avait désiré une telle chose, de son vivant. Les hassidé breslev commentaient ce propos de Rabbi Nathan de la façon suivante. A l'époque de Rabbi Nahman, Rabbi Nathan n'était pas encore capable de pleinement dévoiler ce qu'il avait reçu de son maître.
Cependant, après sa disparition, il commença à transmettre à son tour les enseignements de Rabénou. Rabbi Nathan parvint à faire de ses élèves des serviteurs de D. exceptionnels.