Lorsque Rabbi Nahman de Toulchin était de passage à Lemberg, le rav de la ville lui rapporta une anecdote. A l'époque où Rabénou séjournait à Lemberg pour des motifs de santé, il se retenait de parler (en raison de la maladie dont il souffrait). Cependant, quand il se mettait à parler, il y avait toujours matière à discussion, en particulier quand il racontait les péripéties de son voyage en Terre sainte. Ces récits avaient de quoi impressionner. Une fois, lors du troisième repas de Shabbat, Rabénou annonça à son auditoire qu'il en raconterait un. Le fils du rav se rendit compte en plein milieu du récit que Rabénou était sur le point de rendre l'âme, tant sa ferveur et son attachement à D. étaient forts. Il s'en alla allumer une veilleuse, car Shabbat était déjà sorti. Il pria pour que Rabénou interrompe son histoire, afin qu'il ne courre pas un plus grand danger. Cette action eut pour conséquence de susciter un regain de vitalité chez le Tsadik, qui ne tarda pas à remercier celui qui avait été à l'origine de cette initiative.
Source : SIAH SARFE KODESH II
1-769
C'est en 1835 qu'éclata le grand conflit dirigé contre les hassidé breslev. Rabbi Youdel alla se prosterner sur la tombe de Rabénou, accompagné de neuf autres personnes. Ils jetèrent l'anathème sur les opposants de Rabbi Nathan qui lui rendaient la vie amère, de façon difficilement supportable, et ce, afin de le préserver. Une fois qu'il eut quitté le lieu où repose le Tsadik, Rabbi Youdel cita un enseignement rapporté dans la Guémara (Sota 20,a) :
'certains mérites peuvent valoir un an de sursis, d'autres deux ou même trois'. Mais pas plus de trois ans !
Effectivement, l'opposition perdura jusqu'en 1838. Cette année-là, le principal adversaire du mouvement hassidique disparut, ainsi que Rabbi Youdel. Quand Rabbi Nathan apprit par la suite ce que celui-ci avait entrepris, il déclara que telle n'était pas la façon d'agir de Rabénou.
Source : SIAH SARFE KODESH II - Rabbi Nathan
1-589
Rabbi Itshak le fils de Rabbi Nathan demanda conseil à son père. Le seigneur local lui proposait au choix trois activités : être nommé responsable du service postal, veiller à la bonne marche du moulin, ou superviser la coupe du bois dans ses forêts domaniales. Rabbi Nathan lui recommanda de prendre la direction de la poste. Bien qu'il ne souhaitât pas que son fils travaille, car son désir était de le voir se consacrer en permanence à l'étude de la Torah et à la prière, Rabbi Nathan répondit précisément à la question de son fils, qui lui avait soumis différentes propositions.
Les hassidé breslev avaient l'habitude d'agir de façon similaire : ils évitaient de donner des ordres, quel que soit le sujet abordé.